La valeur vénale se mesure aujourd'hui : c'est le prix normal de cession du bien à la date de l'évaluation. La valeur résiduelle se mesure à la fin : c'est le montant qu'un propriétaire espère récupérer à la cession du bien en fin d'utilisation, net des coûts de sortie. L'une sert à déclarer et à négocier, l'autre à bâtir un plan de financement ou d'amortissement.

Définition de la valeur vénale

La valeur vénale est le prix normal de cession du bien dans des conditions normales de marché, au jour de l'évaluation. Elle se détermine par comparaison directe avec des ventes réelles récentes de biens similaires, ajustées puis diminuées des décotes justifiées. C'est la référence des déclarations de succession et de donation, de l'IFI, du calcul de la plus-value et des garanties bancaires. Elle porte toujours une date : jour du décès, date de l'acte ou 1er janvier selon le cas. Voir la valeur vénale : définition, calcul et exemples.

Définition de la valeur résiduelle

La valeur résiduelle est le montant qu'un propriétaire espère récupérer à la cession du bien en fin d'utilisation, net des coûts de sortie. Elle se projette dans l'avenir, là où la valeur vénale constate le présent.

  • En comptabilité : c'est la valeur retenue à la fin de la durée d'amortissement ; la base amortissable = coût du bien − valeur résiduelle. Les modalités de l'amortissement et de la dépréciation sont détaillées dans la valeur vénale en comptabilité.
  • En crédit-bail : c'est le prix d'achat du bien en fin de contrat, de l'ordre de 1 % à 6 % du prix HT initial.
  • En immobilier locatif : c'est la valeur du bien à la fin de l'opération ou de l'horizon de détention, après dépréciation.
Main peignant un mur au rouleau pendant des travaux de rénovation
Main peignant un mur au rouleau pendant des travaux de rénovation·Photo : Pexels

Tableau des différences

CritèreValeur vénaleValeur résiduelle
Moment de référenceAujourd'hui, à la date de l'évaluationEn fin d'utilisation ou de détention
NaturePrix de cession normal sur le marchéMontant récupéré à la cession, net des coûts de sortie
MéthodeComparaison de ventes réelles, ajustements, décotesPrévision, plan d'amortissement, hypothèse de valeur terminale
Usage principalSuccession, donation, IFI, plus-value, partage, banqueComptabilité (base amortissable), crédit-bail, montage locatif
Opposable au fisc comme base taxableOuiNon : elle ne sert pas de base taxable
HorizonUn fait générateur datéUne durée de détention ou d'amortissement
Ouvriers rénovant la façade d'un immeuble en ville
Ouvriers rénovant la façade d'un immeuble en ville·Photo : Pexels

Cas d'usage

La valeur vénale intervient dès qu'une valeur doit être opposée à un tiers ou à une administration : déclaration de succession ou de donation, déclaration IFI, calcul de la plus-value de revente, partage après divorce ou indivision, négociation d'un prix d'achat.

La valeur résiduelle intervient dans les raisonnements de projet : calculer la base amortissable d'un bien, arbitrer un crédit-bail en comparant le prix de rachat final au prix de marché attendu, évaluer la rentabilité d'une opération locative à un horizon de détention donné. Elle repose sur des hypothèses, donc sur une fourchette, et doit être actualisée si le marché change.

L'erreur fréquente

Utiliser la valeur résiduelle comme base de déclaration fiscale. Elle n'est ni une valeur de marché actuelle, ni une valeur opposable : un bien inscrit à un plan d'amortissement avec une valeur résiduelle faible n'en conserve pas moins une valeur vénale pleine au jour d'une succession. Symétriquement, l'erreur inverse consiste à retenir la valeur vénale actuelle comme valeur terminale d'un projet locatif, sans dépréciation ni coûts de sortie : deux montants séparés par toute la durée de détention ne mesurent pas la même chose. Enfin, la base amortissable se calcule coût moins valeur résiduelle : déduire deux fois la même valeur faussera le plan.

Quand utiliser l'une ou l'autre

  • Déclarer, partager, garantir, contester : valeur vénale, datée et documentée par des comparables.
  • Construire un plan d'amortissement ou arbitrer un crédit-bail : valeur résiduelle.
  • Évaluer la rentabilité d'une opération locative : valeur vénale pour l'entrée, valeur résiduelle pour la sortie.
  • Ne jamais substituer l'une à l'autre : la valeur d'entrée d'un projet et la valeur de sortie ne sont pas interchangeables.